Les OGM: chance ou menace pour l’Afrique?

Concernant la question des OGM (Organismes gntiquement modifis), les grandes firmes agrochimiques ou semencires, le monde scientifique, le politique et la socit civile ont tous leur propre approche du phnomne. On ne peut pas nier les possibilits qu’offre la biotechnologie de rsoudre le problme de la faim dans le monde, particulirement en Afrique. Cependant, les OGM font peur divers niveaux. D’abord sur le plan conomique par le fait de la concurrence. Par ailleurs, la faon dont se dveloppent les techniques transgniques est destine, 97 pour cent, aux pays dvelopps. Elle rpond aux besoins d’une agriculture intensive qui n’est pas celle des pays pauvres. L’essor des biotechniques risque de transformer les pays du Sud, riches d’une biodiversit ingale, en gigantesque terrain de prospection de gnes, qui sont la matire premire des entreprises des ‘sciences de la vie’ occidentales. De plus, les OGM constituent une menace relle pour l’environnement, et ce, plus pour les pays du Sud. Enfin, la faim dans les pays du Tiers-Monde est souvent due au manque de moyens de production; problme que les OGM ne pourront rsoudre. Avec la gnralisation des OGM et le systme de brevetage, les peuples du Sud risquent d’tre dpouills de leurs ressources naturelles, ce qui ne peut qu’accrotre la famine, favoriser l’exode rural en provoquant la destruction de l’cosystme. Plutt qu’avancer un ‘non’ catgorique aux OGM, l’auteur prne un encadrement du phnomne trois niveaux. D’abord celui des tats qui doivent se donner les moyens de mettre en application la convention du Sommet de la Terre, tenu Rio de Janeiro en 1992, qui leur accorde la proprit lgale des ressources gntiques des espces animales ou vgtales de leur territoire. Ensuite, les consommateurs doivent refuser les stratgies de sduction des multinationales de l’alimentaire. Le troisime niveau est celui de la solidarit entre les grands agriculteurs des pays du Tiers-Monde et les petits agriculteurs des pays riches qui doivent dvelopper des mcanismes de rsistance en recherchant des solutions alternatives. Note, rf. [Rsum ASC Leiden]

Title: Les OGM: chance ou menace pour l’Afrique?
Author: Muyengo Mulombe, Sbastien
Year: 2004
Periodical: Congo-Afrique: conomie, culture, vie sociale
Volume: 44
Issue: 382
Pages: 94-103
Language: French
Geographic term: Africa
Subject: biotechnology
Abstract: Concernant la question des OGM (Organismes gntiquement modifis), les grandes firmes agrochimiques ou semencires, le monde scientifique, le politique et la socit civile ont tous leur propre approche du phnomne. On ne peut pas nier les possibilits qu’offre la biotechnologie de rsoudre le problme de la faim dans le monde, particulirement en Afrique. Cependant, les OGM font peur divers niveaux. D’abord sur le plan conomique par le fait de la concurrence. Par ailleurs, la faon dont se dveloppent les techniques transgniques est destine, 97 pour cent, aux pays dvelopps. Elle rpond aux besoins d’une agriculture intensive qui n’est pas celle des pays pauvres. L’essor des biotechniques risque de transformer les pays du Sud, riches d’une biodiversit ingale, en gigantesque terrain de prospection de gnes, qui sont la matire premire des entreprises des ‘sciences de la vie’ occidentales. De plus, les OGM constituent une menace relle pour l’environnement, et ce, plus pour les pays du Sud. Enfin, la faim dans les pays du Tiers-Monde est souvent due au manque de moyens de production; problme que les OGM ne pourront rsoudre. Avec la gnralisation des OGM et le systme de brevetage, les peuples du Sud risquent d’tre dpouills de leurs ressources naturelles, ce qui ne peut qu’accrotre la famine, favoriser l’exode rural en provoquant la destruction de l’cosystme. Plutt qu’avancer un ‘non’ catgorique aux OGM, l’auteur prne un encadrement du phnomne trois niveaux. D’abord celui des tats qui doivent se donner les moyens de mettre en application la convention du Sommet de la Terre, tenu Rio de Janeiro en 1992, qui leur accorde la proprit lgale des ressources gntiques des espces animales ou vgtales de leur territoire. Ensuite, les consommateurs doivent refuser les stratgies de sduction des multinationales de l’alimentaire. Le troisime niveau est celui de la solidarit entre les grands agriculteurs des pays du Tiers-Monde et les petits agriculteurs des pays riches qui doivent dvelopper des mcanismes de rsistance en recherchant des solutions alternatives. Note, rf. [Rsum ASC Leiden]