De la gestion l’arbitrage: l’administration du Sngal face aux premires lections libres de l’aprs-guerre (1945-1958)

Cet article examine la faon dont l’administration coloniale du Sngal a ragi face au dveloppement de la politique lectorale dans ce territoire aprs 1945. Chargs d’organiser des consultations de plus en plus larges, les fonctionnaires coloniaux expriment dans les rapports administratifs rdigs pour l’occasion les dispositions dans lesquelles ils abordent cette nouvelle mission. Leurs propos dvoilent d’abord un certain mpris du vote africain, qui se fonde sur des prjugs anciens – incomptence suppose des lecteurs africains, mdiocrit du personnel politique autochtone – et qui les conduit vouloir limiter la participation indigne, tout en prservant l’expression politique des Europens. L’autre obsession rcurrente est la volont de prserver la marge de manoeuvre de l’administration – en gardant le contrle du processus lectoral, en cherchant un certain quilibre politique et rgional, enfin en limitant le pouvoir des personnalits africaines issues des urnes. Cette attitude peut s’interprter comme le rflexe de dfense d’un corps en passe de perdre ses anciennes prrogatives. Elle ressortit galement la culture politique de l’Administration franaise, dont la relation la chose politique est, depuis la fin du dix-neuvime sicle, minemment ambigu. Bibliogr., notes, rf., rs. en franais et en anglais. [Rsum extrait de la revue]

Title: De la gestion l’arbitrage: l’administration du Sngal face aux premires lections libres de l’aprs-guerre (1945-1958)
Author: Atlan, Catherine
Year: 2003
Periodical: Outre-mers: revue d’histoire
Issue: 338-339
Pages: 133-152
Language: French
Geographic term: Senegal
External link: https://doi.org/10.3406/outre.2003.4018
Abstract: Cet article examine la faon dont l’administration coloniale du Sngal a ragi face au dveloppement de la politique lectorale dans ce territoire aprs 1945. Chargs d’organiser des consultations de plus en plus larges, les fonctionnaires coloniaux expriment dans les rapports administratifs rdigs pour l’occasion les dispositions dans lesquelles ils abordent cette nouvelle mission. Leurs propos dvoilent d’abord un certain mpris du vote africain, qui se fonde sur des prjugs anciens – incomptence suppose des lecteurs africains, mdiocrit du personnel politique autochtone – et qui les conduit vouloir limiter la participation indigne, tout en prservant l’expression politique des Europens. L’autre obsession rcurrente est la volont de prserver la marge de manoeuvre de l’administration – en gardant le contrle du processus lectoral, en cherchant un certain quilibre politique et rgional, enfin en limitant le pouvoir des personnalits africaines issues des urnes. Cette attitude peut s’interprter comme le rflexe de dfense d’un corps en passe de perdre ses anciennes prrogatives. Elle ressortit galement la culture politique de l’Administration franaise, dont la relation la chose politique est, depuis la fin du dix-neuvime sicle, minemment ambigu. Bibliogr., notes, rf., rs. en franais et en anglais. [Rsum extrait de la revue]