UNE ÉTUDE COMPARÉE DES ÉLECTIONS AU BÉNIN ET AU NIGÉRIA

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

CHAPITRE I: HISTOIRE DES ÉLECTIONS AU BÉNIN ET AU NIGÉRIA

1.1   Histoire des élections au Nigéria avec les résultats récents

1.2    Histoire des élections au Bénin

CHAPITRE II: HISTOIRE D’INEC 

2.1 L’histoire d’INEC

2.2 Les fonctions d’INEC

2.3 Les problèmes d’INEC

2.4 Le système électoral du Nigéria

2.5 L’environnement après l’élection

CHAPITRE III: HISTOIRE DE LA CENA 

3.1 L’histoire de la CENA

3.2 Les fonctions de la CENA

3.3 Les problèmes de la CENA

3.4 Le système électoral au Bénin

3.5 L’environnement après les élections au Bénin

CHAPITRE IV: UNE ÉTUDE COMPARÉE DES ÉLECTIONS AU BÉNIN ET AU NIGÉRIA 

4.1 La comparaison entre les élections au Bénin et au Nigéria

4.2 Quelques point de ressemblance et de différence au niveau historique

4.3 Quelques points de ressemblance et de différence au niveau du système électoral

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

INTRODUCTION

L’élection, de quoi s’agit-il? Le mot ‘élection’ vient du verbe latin ‘eligere’ et du substantif  « electio » qui signifie choisir. L’élection prend source dans les institutions politiques des cités de l’antiquité; la pratique de l’élection est à l’origine un concept aristocratique.

Selon Le Robert (2009), l’élection est un choix, une désignation d’un ou de plusieurs personnes par un vote.

On peut aussi le définir comme une désignation par le vote d’électeurs, de représentants qui occupent une fonction au nom de ces électeurs. La population concernée transfère par le vote de sa majorité à des représentants ou mandants choisis, une légitimité pour exercer le pouvoir attribué à la fonction ainsi occupée par le biais d’un contrat politique. En politique, depuis l’époque contemporaine, l’élection est l’une des principaux modes d’accession au pouvoir tout en étant le plus démocratique.

Pour qu’on puisse organiser une élection, il faut un processus électoral moderne qui est de trois phases. La phase pré-électorale, la phase électorale et la phase post-électorale.

La phase pré-électorale  comprend l’installation de l’organisme de gestion des élections, l’élaboration du cadre juridique, l’inscription des électeurs, l’inscription des partis politiques et des candidats, le financement des partis politiques et des campagnes d’éducation civiques et électorales.

La phase électorale est la phase des activités du scrutin à savoir le vote proprement dit : l’observation partisane et non partisane, le dépouillement et l’affichage des premiers résultats dans les bureaux de vote.

La phase post-électorale est la phase qui comprend la centralisation des résultats, le contentieux électoral (résolution des différends électoraux), l’annonce des résultats provisoires par l’organe de gestion des élections et la publication officielle des résultats qui termine le processus électoral.

Ce qui nous a motivée à choisir ce titre, c’est la curiosité de savoir les aspects semblables et différents entre le processus électoral au Nigéria et celui du Bénin puis le fait que le Bénin est un pays voisin du Nigéria qui organise des élections sans protestation profonde comme celui du Nigéria nous a aussi motivée.

Pour bien aborder ce travail, il sera divisé en quatre grands chapitres. Le premier chapitre va traiter l’histoire des élections avec des résultats récents au Nigéria et au Bénin, alors que le deuxième chapitre va concerner l’INEC avec ses fonctions et ses problèmes puis le système électoral du Nigéria et l’environnement post-électoral du Nigéria. Le troisième chapitre va nous parler aussi de la CENA avec ses fonctions et ses problèmes, ensuite le système électoral du Bénin et l’environnement post-électoral du Bénin. Finalement le quatrième chapitre va parler de la comparaison entre les élections au Nigéria et au Bénin.

Il faut rappeler que ce travail est considéré comme une étude comparative des élections au Nigéria et au Bénin.

CHAPITRE I

HISTOIRE DES ÉLECTIONS AU BÉNIN ET AU NIGÉRIA  

1.1 Histoire des élections au Nigéria avec les résultats récents

Un examen du caractère des élections au Nigéria doit traiter ainsi les issues, non simplement dans un sens théorique mais aussi en termes de leur fonctionnement pendant les années écoulées. Il est particulièrement important à cet égard qu’un tel examen ne traite pas non seulement une, mais toute les élections qui sont organisées, afin de découvrir le dynamisme, le fondamental et  pour être sûr en suggérant les démarches à suivre pour le progrès. Pour cette raison, nous examinerons des élections et des pratiques électorales au Nigeria en quelques quatre phases, c’est-à-dire :

  • les élections pendant la période coloniale,
  • les élections pendant les premières années de l’indépendance (1960 – 1965)
  • les élections pendant les années des militaires au pouvoir et de l’autocratie
  • les élections sous des régimes civils entre les années de régime militaire et de l’autocratie.
  • Les élections pendant la période de la domination coloniale

Un certain nombre d’élections ont été tenues au Nigéria pendant la période coloniale. Ces élections ont commencé par les conseils législatifs à Lagos et à Calabar en 1922 (Akerele 2003).

La croissance du mouvement de travail et du développement des villes a mené aux concessions par les autorités coloniales qui ont pris la relève dans ces villes et dans le conseil législatif. En 1938, par exemple, le mouvement nigérian de la jeunesse, une organisation qui était hostile aux intérêts coloniaux britanniques à Lagos et en particulier dans tout le Nigéria en général a pu gagner trois sur les quatre sièges disponibles dans les élections de conseil municipal. Dans la même année, il a également gagné tous les trois sièges législatifs dans les élections de conseil législatif. Plusieurs autres élections ont eu lieu entre 1951 et 1959. Les élections législatives régionales de 1951 ont eu lieu sous la constitution fédérale. Alors que toutes constitutions jusqu’à 1954 ont limité le droit des élections à certains membres de la population, la constitution fédérale a accordé le suffrage adulte universel.

Dans les élections de 1951 et celles à venir par exemple, les colonialistes britanniques ont travaillé assidûment pour incliner la balance politique en faveur du Congrès des Peuples du Nord (NPC). Coordonné par Monsieur Bryan qui devait devenir le lieutenant gouverneur et gouverneur du Nigeria élu du nord au cours de la période écoulée pour marquer l’indépendance, ces efforts se sont assurés pour que les forces pro-démocratiques dans le pays n’aient acquis la puissance politique. Par exemple, Monsieur Bryan a admis aux manipulations d’élections même dans les secteurs où les musulmans étaient dans une minorité pour que le Congrès des Peuples du Nord remporte 90% des voix. Commentant sur les élections de 1951 et le rôle de Monsieur Bryan concernant ces élections, Okonjo (1974 : 331) a observé que:

Un érudit américain a décrit la contribution de Monsieur Bryan concernant les élections de 1951 à Kano, où il a finalement présidée, indiquant ceci comme obtuse. Monsieur Bryan est devenu, dans ces dernières dix années de son mandat au nord au service du Nigéria le pilier en chef dans l’établissement administratif dans cette partie du pays.

  1. Elections pendant les premières années de l’indépendance: 1960 – 1965

Trois types d’élections ont été tenus dans la période de 1960 – 1965, c’est-à-dire les élections dans la région de Midwest en février 1964 (une nouvelle région), les élections fédérales de décembre 1964 et les élections régionales de 1965. Le prélude aux élections fédérales de décembre 1964 a été fourni par l’exercice de recensement et la crise de rampement dans la région occidentale depuis 1962. Les résultats de recensement en mars 1961 avaient  prouvé que le sud a une plus haute population que le nord. Pendant que la période des élections fédérales s’approchait, le gouvernement de Balewa (NPC) n’a non seulement supprimé les résultats du recensement en 1961 mais a également demandé un recomptage pour l’année 1963. Alors, juste avant les élections en 1964, les nouveaux résultats de recensement ont été publiés. Selon ces résultats, le nord représente 55% de la population du pays. La NCNC qui avait formé une coalition avec l’UMBC, la NEPU et son vieil adversaire, l’AG, pour former l’Alliance Progressive Unie (United Progressive Alliance) espérait donc remporter les élections fédérales en se basant sur les résultats de recensement de 1961 et parce qu’il était déjà au contrôle de pratiquement trois des quatre régions de la fédération. Ademoyega (1981 : 19) note ceci :

Pendant que les élections s’approchent, le gouvernement de NPC du nord n’a pas hésité à frustrer les candidats d’UPGA dans le nord, de sorte que plusieurs d’entre eux n’aient retrouvés leurs dossiers de nomination. Par conséquent, avant les élections, soixante-sept candidats de NPC avaient été déclarés comme étant élus sans opposition.

Le parti UPGA n’était pas d’accord avec cela, et par conséquent, a réclamé un ajournement immédiat des élections. Mais le gouvernement de Balewa a rejeté l’idée d’ajournement. Néanmoins, l’UPGA par le biais du guide Dr. Okpara, ministre de la région orientale, a déclenché un boycott en masse de l’élection par ses supporteurs. Encore, le gouvernement de Balewa a demandé que l’élection progresse malgré le boycott. Ainsi, les élections de décembre 1964 se sont avérées être une farce.

Elle a été complètement boycottée dans la région orientale, où le gouvernement de NCNC a employé ses pouvoirs pour s’assurer qu’aucune élection n’a été tenue. Elle a été également boycottée partiellement à l’ouest, au nord, à Midwest et à Lagos, ayant pour effet que le résultat de l’élection n’était pas crédible et était inacceptable au niveau nationale. Cependant, alors que l’UPGA avait rejeté ces résultats, le NPC et ses alliés du NWA, qui avaient organisé à l’unanimité ces élections, les ont acceptés. Il s’est suivi une impasse nationale.

Les élections d’octobre 1965 du gouvernement régional de l’ouest n’étaient moins absurdes. Les gens ont complètement rejeté le gouvernement d’Akinola aux scrutins et ont voté massivement pour le parti d’opposition d’AG.

  1. Elections pendant les années du régime militaire et de l’autocratie

Pendant le régime militaire, trois élections ont été organisées en désordre. Ce sont : les élections de 1979, sous la première administration d’Obasanjo, les élections de 1992 – 1993 pendant le régime du Général Babangida et les élections de 1999 pendant l’administration du Général Abdulsalami Abubakar. En analysant ces élections, particulièrement la première et la dernière, le groupe d’élection d’UE, qui a observé les élections de 2003 a suggéré que les élections les plus libres, crédibles et transparentes organisées au Nigéria étaient celles de 1959, 1979 et 1999 et les plus chaotiques et violentes et refusées étaient celles de 1964 et de 1983. La raison est que les trois premières étaient des élections de transition dans lesquelles le régime au pouvoir était responsable d’organiser les élections pour rendre le pouvoir à un régime civil démocratique.

Ainsi, en 1959, le régime colonial britannique a voulu un transfert de pouvoirs pacifique à l’autonomie nigériane ; en 1979, le gouvernement militaire du Général Obasanjo s’est vu comme intérimaire pour assurer la stabilité et puis pour transmettre le pouvoir aux officiers élus ; en 1993, une combinaison de pression interne et externe forçait le Général Babangida à organiser les élections et en 1999, après le régime désastreux du Général Abacha, les militaires n’avaient aucune crédibilité politique et ont voulu seulement désengager aussi rapidement que possible. En revanche, les autres élections peuvent être considérées comme des élections potentielles de consolidation dans lesquelles un gouvernement civil élu était responsable d’organiser des élections pour transmettre le pouvoir à un régime successeur. L’échec des élections à consolider la démocratie avait pour conséquence la rupture et le retour d’un régime militaire.

L’évaluation de ces élections et les raisons avancées pour le jugement sont considérablement en désaccord avec les faits historiques, certains dont nous avons déjà fournis. L’évaluation est également considérablement fêlée par la prétention que le comportement des électeurs le jour du vote est indicatif de l’équitabilité et de la paix pendant les élections. Les régimes coloniaux et  militaires étaient également fortement militarisés. Les élections de 1979, par exemple, ont produit de la polémique que le régime militaire d’Obasanjo a résolue en faveur de ses intérêts. Les élections de 1992 – 1993 ont été fréquemment retardées, annulées, ajustées pour produire un résultat prédéterminée par les militaires. En d’autres termes, les résultats du 12 juin 1993 ont été annulés par le Général Babangida sur l’excuse que les militaires étaient inconfortables avec ces résultats. Les résultats des élections de 1999 ont été également prédéterminés.

  1. Elections sous des régimes civils à partir de 1983

A partir de 1983, trois différents types d’élections ont été organisées sous les régimes civils. C’est-à-dire, les élections générales de 1983 sous le gouvernement de Shehu Shagari (NPN), les élections générales de 2003 et les élections de gouvernement administratif de 2004 sous le Général Obasanjo. Pendant les élections de 1983, le gouvernement de NPN qui était au pouvoir avait commis toutes sortes d’atrocités électorales. Le processus de vote, les bulletins de vote, et les bureaux de vote étaient complètement mises en désordre. L’arrangement des élections avait été renversé et l’inscription des électeurs avaient échouées. Par exemple, Modakeke (une banlieue d’Ife), l’inscription des électeurs a sauté de 26 000 à 250 000. Ce faisant, le nombre d’électeurs à Modakeke a surpassé le nombre total d’électeurs dans toute la ville d’Ife.

En effet, au niveau national, la commission électorale fédérale (FEDECO) avait annoncé que le nombre d’électeurs avait augmenté de 48 499 097 en 1971 à 65 304 818 en 1983. Ceci a été malgré le fait que le nombre d’électeurs en 1979 étaient fortement élevés. La FEDECO et les medias d’Etat se sont alliés aux complices dans les fraudes électorales commises par le gouvernement de NPN qui était au pouvoir. Par exemple, FEDECO a joué un rôle actif en approfondissant la crise qui a englouti des partis d’oppositions comme ‘Peoples Redemption Party’ (PRP) (le parti de la rédemption du peuple) et ‘Great Nigeria People’s Party’ (GNPP).

Puis, les élections par un gouvernement civil étaient les élections générales de 2003 et les élections du gouvernement administratif de 2004. Organisées sous le gouvernement Obasanjo, ces élections (y compris diverses élections primaires) seront dans l’histoire comme les plus frauduleuses et égales à un coup d’état contre les personnes. Tous les commentaires sur les élections de 2003 et de 2004 à l’exception de ceux du gouvernement de PDP qui étaient au pouvoir étaient à l’unanimité dans leur verdict que tous les aspects des élections étaient frauduleux ; cette élection a était remporté par le PDP.

Les dernières élections étaient les élections générales de 2007 et d’autres élections reprises en 2010 (l’état de Kogi), en 2011 (l’état de Delta) et d’autres élections législatives reprises.

Alors que l’INEC et le gouvernement disaient que les élections de 2007 sont libres et transparentes, les manifestations nous montrent que les élections étaient frauduleuses et le droit de vote des citoyens était mal interprété en faveur du Parti Démocratique du Peuple (PDP) qui est le parti politique du président Olusegun Obasanjo. Jusqu’aujourd’hui, les Nigérians n’ont pas oublié les méfaits de cette élection par PDP et l’INEC pendant l’élection, on enregistre le vol des urnes, la tuerie, l’oppression des autres partis et l’annonce des résultats en faveur du PDP par l’INEC où d’autres partis avaient gagné.  Donc beaucoup d’élections ont été résolues au tribunal après l’annonce de l’INEC.

Les résultats des dernières élections au Nigéria

Les résultats des élections présidentielles de 2007

Les candidats Les partis politiques Votes % Umaru Yar’Adua

Muhammadu Buhari

Atiku Abubakar

Orji Uzor Kalu

Attahiru Bafarawa

Ohukwuemeka Ojukwu

Père Ajuwa

Christ Okotie

Patrick Utomi

Ambrose Owuru

Emmanuel Okereke

Lawrence Adedoyin

Hubu Fari

Maxi Okwu

Bartholmew Nnaji

Emmanuel Obanjunma

Olapede Agoro

Mojisola Obasanjo

People Democratic Party (PDP)

All Nigerian People’s Party (ANPP)

Action Congress (AC)

Progressive People Alliance (PPA)

Democratic People’s Party (DPP)

All Progressive Grand Alliance (APGA)

Alliance for Democracy (AD)

Fresh Democratic Party (FDP)

African Democratic Congress (ADC)

Hope Democratic Party (HDP)

African Liberation Party (ALP)

African Political System (APS)

National Democratic Party (NDP)

Citizens Popular Party (CPP)

Better Nigeria Party (BNP)

National Conscience Council (NCC)

National Action Council (NAP)

Nigerian Masses Movement (NMM)

24 638 063

6 605 299

2 637 848

608 803

289 324

155 947

89 241

74 049

50 849

28 519

22 677

22 409

21 934

14 027

11 705

8 222

5 752

4 309

69,82

18,72

7,47

1,73

0,82

0,44

0,25

0,21

0,14

0,08

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